LE VÉGÉTARISME : ENTRE CONVICTIONS ET REMUE-MÉNAGE

LE VÉGÉTARISME : ENTRE CONVICTIONS ET REMUE-MÉNAGE

Il existe très peu de sujets qui font autant de vagues que le végétarisme-lisme ou encore le véganisme. Et je n’ai jamais su expliquer pourquoi … 

Parler de mon alimentation autour de moi n’a jamais été un problème. Elle fait profondément partie de ma vie et de ce que je suis, et je ne vois aucune raison d’en avoir « honte ». Je crois aussi qu’il est important de souligner que je n’en parle jamais dans le but de créer la polémique. Il peut m’arriver d’essayer d’en démontrer les avantages, mais il faut bien comprendre que je parle du végétalisme aujourd’hui comme je parle de la météo : sans tabou. 

D’ailleurs, avant de commencer, voilà un petit rappel simple mais efficace pour une meilleure compréhension du sujet :

>Les végétariens ne mangent ni viande ni poisson. Ils acceptent cependant de consommer des oeufs et des produits laitiers.

>Les végétaliens ne consomment aucun produit d’origine animale : ni viande, ni lait, ni oeufs, ni miel.

>Le véganisme ne se réduit pas à un régime végétalien : c’est un mode de vie qui exclut tout produit issu de l’exploitation animale. Cela passe du refus de porter de la fourrure au boycott des zoos et des cirques.

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Pourquoi choisir ce mode d’alimentation/de vie ?

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Lorsque j’ai pris la décision de cesser de manger des animaux, cela faisait très longtemps je songeais à passer le cap. J’ai toujours éprouvé beaucoup d’amour et de fascination pour les animaux. Mais, comme la plupart d’entre nous, j’ai grandi dans une famille omnivore, et je l’ai donc été pendant de loooongues années. Et puis, j’ai grandi. J’ai appris (laborieusement) à avoir confiance en moi et en mes décisions : plus le temps passait et plus je me sentais assez forte pour assumer ce choix.

L’information en temps réel a aussi pris des proportions incroyables : lorsque je suis devenue végétarienne, on peut dire que j’étais très au courant des violences exercées sur les animaux dans les abattoirs, dans les cirques ou dans les laboratoires de test pour les cosmétiques.

D’ailleurs, il faut le dire : j’ai adopté ce régime alimentaire pour les animaux. Uniquement pour eux, et par amour pour eux. Je sais que certaines personnes dans mon entourage sont devenus végétarien-nes pour des raisons « écologiques », ce que je respecte totalement. Simplement, ce n’est pas mon cas et je crois que ça a une certaine importance dans mon histoire.

Plus le temps passait, et plus l’idée de manger des animaux me dégoutait. J’avais de plus en plus de mal à me trouver des excuses « faciles » du type « oh de toutes façons le cochon il est déjà mort on va pas gaspiller » ou « faut bien se nourrir hein ! ». Manger des êtres vivants en toute connaissance de cause heurtait de plus en plus ma sensibilité, et il est vraiment devenu impossible pour moi de le cautionner.

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Un gros changement ?

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Si ma décision a été prise très vite, il a tout de même fallu que j’apprenne beaucoup pour que la transition se passe le mieux possible. Je n’avais absolument AUCUNE connaissance dans le domaine de la nutrition. Je mangeais d’ailleurs extrêmement mal. Les lipides ? Les glucides ? Les vitamines ? C’était, pour moi, des noms bizarres qui étaient écrits sur les étiquettes des aliments au supermarché. Rien de plus.

J’ai notamment appris que la viande et le poisson étaient les principales sources de protéines d’un régime omnivore. Mais, oh surprise ! J’ai aussi appris qu’il existait des tonnes de sources de protéines végétales (super faciles à cuisiner en plus) : tous les types de lentilles, les haricots, les pois chiches, le quinoa … 

Plus généralement, on trouve mille et uns substituts à la viande et au poisson … A condition de les connaître, évidemment.

Pour le reste, j’ai toujours aimé les fruits et les légumes alors … Je n’ai vraiment pas vu grande différence. 

Une chose qui a vraiment changé, c’est mon rapport à l’alimentation. Je suis devenue très attentive à quel « carburant » je choisissais de donner à mon corps. J’ai de plus en plus supprimé les produits transformés de mon alimentation. Aujourd’hui, on peut dire que je n’en mange plus aucun, à quelques exceptions près. Moi qui étais abonnée au gras et à la malbouffe, je ne peux que remercier le végétarisme sur ce point. Mon niveau d’énergie est passé du simple au double et ma qualité de sommeil n’a cessé de s’améliorer.

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Est-ce que ça a été difficile ?

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Pas du tout. Lorsque j’ai fais ce choix, il relevait de l’évidence. Plus encore, il était (et il est toujours d’ailleurs) fondé sur des intentions d’amour et de bienveillance. Je ne connais pas de bases plus solides que celles-ci.

Je suis tellement sûre de moi (sur ce coup là en tout cas) et de ce que je fais pour les animaux que je n’ai absolument pas de doute, et j’ai encore moins la sensation de me priver de quoi que ce soit. Je ne pourrais jamais éprouver du plaisir en mangeant un saucisson aujourd’hui tout en connaissant la souffrance qui se cache derrière le produit. Et puis, est-ce qu’une vie vaut vraiment un repas ? Doit-on fermer les yeux sur la souffrance pour dix minutes de plaisir gustatif ?

« A l’extérieur », cela suppose évidemment quelques petites adaptations. En toute sincérité, on s’en accommode plutôt bien. Nombreux sont les endroits qui, aujourd’hui, proposent des plats végétariens. Je n’ai jamais eu l’impression de me priver d’un endroit pour aller dîner ou déjeuner dehors. Bon, bien évidemment, voilà bien longtemps que je n’ai plus passé la porte d’un restaurant typiquement français qui a oublié que, les légumes, ça se mange aussi. Mes préférés sont, depuis toujours, les restaurants asiatiques où il est très facile de se passer de viande. Mais ça vaut aussi pour les restaurants libanais ou les pizzerias ! 

Pour être tout à fait honnête, ce qui est difficile (en tout cas pour moi), c’est de devoir encaisser énormément de remarques et/ou de moqueries au quotidien. 

Enormément de personnes autour de moi s’improvisent nutritionnistes, et me trouvent des nouvelles carences tous les jours. Rassurez-vous, mon médecin ne s’est jamais inquiété quant à mon état de santé. Je fais au moins une heure d’activité physique par jour (entre le yoga et le sport) et mon régime alimentaire ne m’a jamais pénalisé dans ma progression.

Pour autant, j’entends tous les jours des « olala tu es vraiment blanche, tu dois manquer de fer ». Dès que j’ai le malheur d’être un peu fatiguée, on met ça sur le compte du manque de viande (sans expliquer ce qui me manquerait tant comme nutriments dans un morceau de poulet …). 

Depuis des mois maintenant, on a du me diagnostiquer 26 anémies et 43 carences.

Plus encore, je n’aurais jamais imaginé que je doive faire face à de la violence, verbale en règle générale. Jamais je n’aurais pensé qu’à raison de mon régime alimentaire je doive subir autant de provocations ou … d’insultes. 

  • non mais tu manges quoi à part des graines ? »
  • tu m’étonnes que tu as mauvaise mine, tu ne manges rien ! » (ma mauvaise mine et moi avons remercié la délicatesse)
  • tu manges pas de poisson ? mais le poisson c’est pas un animal pourtant ! » (oui, je l’ai vraiment eu celle-là)
  • mhhhh un bon steak, goûte ! »
  • les vegan, vous êtes vraiment cinglés » 
  • « de toutes façons, vous n’avez que le veganisme pour vous créer une identité » (?????)

Sur les réseaux sociaux et sur internet en général, les mots employés sont souvent si durs que j’ai l’impression de faire partie d’une espèce d’organisation satanique.

Certes, on soulève ici le problème de la banalisation de la violence verbale. Mais c’est un autre sujet que celui qui nous occupe aujourd’hui, et qui pourrait nous prendre des heures …

La violence est de toutes façons quelque chose que je n’ai jamais pu comprendre, dans n’importe quel contexte. Je serai encore moins capable de répondre à la question du « pourquoi » ici.

A table, il m’est arrivé de recevoir des remarques sur mon assiette ou sur mon menu … Ce qui peut être extrêmement agaçant, surtout quand, de mon côté, je n’ai jamais fais une remarque à qui que ce soit sur une assiette pleine de viande ou de poisson. 

Lorsqu’il m’arrive de dire, au hasard d’une conversation : « je ne mange pas de viande/de poisson », j’ai parfois remarqué que les gens pouvaient se sentir attaqués et se mettaient immédiatement sur la défensive : « ah ouais donc t’es vegan, mais tu fais quoi pour les petits enfants en Afrique ?! », « et la faim dans le monde alors ? » …

La morale de l’histoire, c’est que peu importe que vous agissiez de tout votre coeur ou que vous fassiez de votre mieux, il y aura TOUJOURS quelqu’un pour vous critiquer ou pour vous dire que ce que vous faites n’est pas assez bien … Faites simplement ce qui vous paraît juste et bon pour le monde, et n’écoutez que vous

Attention ! Loin de moi l’idée de vous dresser un tableau pessimiste de la situation.

Aujourd’hui, je suis extrêmement touchée de voir que tout le monde pense à moi lorsque je suis invitée quelque part, et très émue quand ma maman s’improvise végétarienne le temps de week-end que nous passons toutes les deux.

Je pense qu’il est vraiment important (et pas que pour le véganisme d’ailleurs) de laisser les gens venir à soi et poser leurs questions. Souvent, ces questions ne relèvent aucunement de la polémique mais simplement de la curiosité. 

C’est par le dialogue, et uniquement par le dialogue que nous pouvons nous comprendre les uns et les autres et initier plus de tolérance dans nos vies.

J’associe le véganisme à une démarche de paix et d’amour que j’essaie de transmettre lorsque j’en parle. C’est dans ce même esprit que nous nous devons de faire preuve d’écoute et de patience à l’égard de personnes qui ne comprennent pas ce mode de vie, s’interrogent ou qui ne sont pas prêtes à passer le cap.

Je reste évidemment 100 % disponible pour répondre à vos interrogations, qui sont parfois nombreuses sur le sujet.

Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire cet article, rédigé complètement à coeur ouvert.

Prenez soin de vous

Marie



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