« DE TOUTES FAÇONS, JE TOMBE TOUJOURS MALADE »

« DE TOUTES FAÇONS, JE TOMBE TOUJOURS MALADE »

« J’ai encore chopé la rhino ! », « Ma pote m’a refilé sa gastro ! », « De toutes façons moi, je suis toujours enrhumé-e … »

J’ai l’impression que nous tournons en boucle sur ces phrases entre novembre et avril. A l’heure où j’écris, les salles d’attentes des médecins sont bondées de personnes qui, le front plissé et le mouchoir dégainé attendent impatiemment qu’on les dope au paracétamol.

Alors, serions-nous tous si contagieux ? Condamnés à passer l’hiver plus malade que malade ? Pas sûr …

Plantons le décor : nous voici dans notre société de « toujours plus ». Toujours plus de productivité, toujours plus de performance, toujours plus de travail, toujours plus de pression et … toujours moins de repos. Même dans le métro, nous lisons sans cesse nos mails, nos messages et réfléchissons aux mille et une choses que nous avons à faire … et que nous n’avons pas eu le temps de commencer. Résultat : toujours moins de temps, et surtout toujours plus de stress.

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Et notre corps, il prend ça comment ? 

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Instant scientifique : notre système nerveux autonome est lui-même constitué des systèmes nerveux sympathique et parasympathique. Le système nerveux sympathique conditionne l’organisme en cas de stress. C’est lui qui nous pousse à l’action et nous amène dans un état d’hyper-excitation. Le système nerveux parasympathique, quant à lui, nous conduit à un état de calme. 

Un seul remède pour que ce dernier prenne le dessus : la respiration contrôlée et apaisée, qui, à elle seule, permet de l’activer. Faire des exercices de respiration contrôlée revient en fait à actionner notre propre frein à main …

Et il est important de le faire ! Le rythme effréné qui est devenu le notre dérègle notre système nerveux. Cela engendre alors des réactions inflammatoires responsables d’environ 95 % des maladies dont l’humanité souffre aujourd’hui (problèmes cardiovasculaires, troubles digestifs, diabète …).  Pire encore ! L’inflammation ne concerne pas que le corps, mais également l’esprit ! Il suffit de regarder autour de nous … Le monde entier est enflammé par la colère, les discordes politiques, et tous les mauvais sentiments que nous connaissons … Et nous le ressentons tous.

Notre système immunitaire est, dans ce contexte, sur-stimulé et nous voilà transformés en proies faciles pour les infections. 

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Bon très bien, mais c’est quoi la solution ?

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Favoriser l’activité du système nerveux parasympathique pour réduire l’inflammation. Lorsque nous y parvenons, d’autres parties de notre système nerveux s’expriment alors de manière positive : le repos, la digestion ou encore un sentiment plus important de sécurité, de satisfaction et de confiance.

Ce n’est toujours pas clair ? Pas d’inquiétude ! Le but de cet article est justement de transmettre les astuces magiques pour supprimer les situations de stress et préserver notre système immunitaire.

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1 – RESP-I-RER.

L’idée est d’effectuer des respirations complètes (c’est-à-dire de l’abdomen, en passant par le thorax et allant jusque dans les clavicules) et lentes. 

Il faut gonfler l’abdomen sur l’inspiration, faire monter le souffle jusqu’aux clavicules et rentrer puissamment le ventre sur l’expiration. Inutile d’aller trop vite, mieux vaut inspirer profondément et expirer le plus doucement possible. Un peu déstabilisant au début, cet exercice permet, à force de pratique, de calmer le souffle et le mental.

Ces sessions de respiration doivent idéalement se transformer en réflexe, des les premiers signes de stress. Un cycle de 4 ou 5 respirations complètes effectué le plus lentement possible permettra de contenir l’angoisse. Plus on stresse, et moins bien on respire : la respiration ainsi pratiquée réoxygène l’esprit. Le résultat ressemblera un peu à l’état d’esprit dans lequel on est lorsqu’on sort … prendre l’air. L’esprit et le corps fonctionnent bien mieux après s’être aérés.

La respiration, c’est la clé pour accéder au lâcher-prise du corps tout entier : elle nous permet de garder le calme et une pleine gestion de nos émotions, même si les choses s’agitent autour de nous.

Et d’ailleurs, pourquoi attendre attendre que le surmenage ne s’installe ? Prendre quelques minutes pour faire des respirations complètes, le matin au réveil par exemple, procurera tous les bienfaits de la respiration abdominale. Mieux oxygéné grâce à cette pratique, le corps sera plus enclin à gérer le stress tout au long de la journée.

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2 -MÉDITER. 

Je consacrerai plusieurs articles à la méditation plus tard car j’ai vraiment à coeur de parler de cette pratique. Et il faut dire qu’elle est excellente pour gérer son stress !

Pour l’instant, sans entrer dans des méditations extrêmement compliquées ou encore religieuses, un exercice très simple permet d’apaiser le mental. Avant le petit déjeuner idéalement, pendant une pause au cours de la journée, après le déjeuner ou le soir avant le coucher, simplement s’asseoir … Et être présent. Ecouter les sons, agréables ou désagréables que l’oreille perçoit. Il ne s’agit surtout pas pas de chercher à stopper le flot des pensées, c’est impossible. Mais pourquoi pas de les dédramatiser. La pleine conscience nous apprend le juste équilibre entre ne pas chasser ses pensées, mais ne pas se résigner à les subir non plus. Puis revenir à sa respiration, et passer en revue chacune des parties de son corps.

Ne vous sentez vous pas bien plus apaisés après ce voyage auprès de vous-même ?

Au fur et à mesure des exercices, on voit de mieux en mieux ses pensées être … juste des pensées. Elles ne sont pas des certitudes durables : elles apparaissent, puis se dissolvent si on ne les suit pas. Petit à petit, la différence entre « penser quelque chose » et « s’apercevoir que l’on pense quelque chose » deviendra plus claire.

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3 – MAXIMISER LA JOIE

La joie est bénéfique pour notre système nerveux. C’est là que se situe le nerf de la guerre !

Alors … Rendons-nous tout simplement joyeux ! Facile à dire … Et pourtant si simple à réaliser. Vous vous souvenez, quand vous étiez petits ? Vous vous amusiez et vous émerveillez de tout. Le but est de renouer avec l’enfant qui sommeille en nous.

Manger ce qui nous fait plaisir, sucré ou salé, et simplement écouter son envie sur le moment. Rendre une visite surprise à un proche, sortir prendre un verre entre amis … Les bons moments sont doublés dès lors qu’ils sont partagés ! Rendre une personne heureuse nous rends nécessairement heureux en retour.

Comme un enfant, il est bon de s’amuser de tout et de se diriger vers ce qui vous fait vibrer. Un emploi du temps exclusivement rempli de contraintes, de « tu dois » et « il faut » ne vous procurera jamais tant de joie que de faire une activité que l’on aime.

C’est tellement important de s’octroyer un moment pour faire quelque chose qui nous rend tout simplement heureux ! Des travaux manuels jusqu’à la pâtisserie, un immense panel de choix s’offre à nous … Et si on manque d’envie et/ ou de temps pour exprimer sa créativité, simplement commencer un nouveau livre ou changer un peu la décoration chez nous … Et pourquoi pas simplement regarder son film ou sa série préférée dans le canapé ?

Les plus courageux peuvent bouger ! Le sport permet de favoriser les fameuses endorphines, hormones de la joie. Et si on est pas du genre grand sportif, juste sortir prendre l’air et marcher, ouvrez l’oeil autour de soi et apprécier la beauté de ce que l’on voit.

On peut aussi varier les plaisirs et être curieux … Découvrir de nouvelles choses, de nouvelles personnes, de nouvelles activités … Sortir de ses habitudes et de sa zone de confort permet avant tout de fuir l’ennui, et de ne pas devenir prisonnier de la routine.

En s’émerveillant de tout, on redécouvre tout ce qui nous entoure et on refuse d’être blasé. La vie prend alors une saveur toute particulière …

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4 -RE-LA-TI-VISER  

C’est un fait, nous accordons trop d’importance aux obstacles que nous rencontrons et à l’échec … En vérité, nous avons le choix de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide ! Nous avons le pouvoir de nous concentrer sur toute la chance que l’on a et sur toutes nos sources de satisfaction.

Il s’agit également de prendre du recul et de mettre de la distance entre ses émotions et la réalité. En cas de coup dur, faire des activités qui nous font « penser à autre chose » permet de refuser que nos peurs prennent le contrôle de nous-même. C’est aussi une manière d’apaiser le mental et de refuser de nourrir nos émotions qui montent intérieurement.

Nous devons abandonner toutes ces pensées terribles, ces croyances que nous entretenons sur nous-même et qui ne servent à rien d’autre qu’à nous focaliser sur du négatif. A nous de nous poser les bonnes questions : « est-ce que je vis actuellement le pire évènement de ma vie ? », « l’épreuve que je vis continuera-t’-elle à me faire souffrir d’ici quelques temps ? ». Nous manquons toujours de recul face à un évènement qui vient de se produire : mieux vaut alors cultiver la confiance et garder à l’esprit que tout arrive pour une excellente raison.

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5 -PRATIQUER

Le yoga nous aide évidemment à mettre la pédale douce et à ralentir l’activité du système nerveux sympathique. En effet, la pratique régulière du yoga aide à développer en nous le sentiment que « tout va bien » et que, si les choses devaient aller mal, nous saurions y faire face. 

La pratique nous permet de nous autoréguler, notamment à travers la respiration en pleine conscience. Lorsque l’on ralentit le rythme de sa respiration, on dépasse le simple stade de la « respiration-survie » et nous commençons à réguler le fonctionnement de notre tronc cérébral.

Prendre du temps pour pratiquer, c’est aussi une manière de prendre soin de nous. De se concentrer uniquement sur notre corps, sur les messages qu’il veut nous faire passer et sur nos ressentis. S’accorder des moments de répit, comme une séance de yoga, c’est refuser de se laisser envahir par le stress qui affaiblit considérablement notre système immunitaire …

Voici une liste de plusieurs petits exercices qui vous aideront à stimuler vos défenses immunitaires :

MARJARÂSANA (ou la posture du chat)

Il vous suffit de vous installer à quatre pattes sur le sol, les mains à plat sous les épaules. Les pieds sont écartés à la largeur de vos épaules. Inspirez ensuite fortement par les narines en soulevant la tête et en creusant le dos au maximum. Ouvrez votre poitrine. Puis expirez et baissez la tête, le regard en direction du nombril. Soulevez en même temps le milieu de votre colonne vertébrale le plus haut possible. Recommencez autant de fois que cela vous fait du bien en respirant toujours le plus fort possible par le nez.

UTTHITA CHATURANGA DANDASANA (ou la planche)

Votre corps doit former une ligne bien droite, de vos talons au sommet de votre crâne. Contractez les abdominaux. Vous pouvez ensuite directement passer dans la posture du chien tête en bas (expliquée dans cet article). 

KAPALABHATI (ou la respiration du feu)

Dans cet exercice de respiration, l’accent est placé sur la phase d’expiration qui doit être vigoureuse et très rapide. Vous pouvez vous aider de vos abdominaux pour gagner en puissance. Inspirez naturellement par le nez et contractez les abdominaux pour expulser par le nez l’air présent dans les poumons. C’est comme si vous souhaitiez chasser un moucheron qui se serait logé dans votre nez par exemple … Répétez l’exercice autant de fois qu’il vous est confortable, avant de revenir au calme.

Que la fin de l’hiver vous soit la plus douce possible

Prenez soin de vous

Marie




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