ADOPTER UN ANIMAL, CETTE AVENTURE HORS DU COMMUN

ADOPTER UN ANIMAL, CETTE AVENTURE HORS DU COMMUN

Celles et ceux qui me connaissent et/ou me suivent sur Instagram l’ont bien compris : j’adore mon chat, Oscar. Mes situations personnelles et professionnelles me le permettant, je passe beaucoup de temps avec lui au quotidien et son bien-être est l’une de mes priorités.

D’ailleurs, je ne manque jamais une occasion de vous partager régulièrement ses aventures. 

Et c’est ainsi que je reçois de nombreux messages me demandant « de quelle race est mon chat » ou si « un élevage dans le grand ouest propose le même type de chat » et j’en passe … 

Il devenait donc important pour moi de vous décrire plus amplement ma vision des choses à ce sujet, tout en l’illustrant de mon histoire (mouvementée) avec Oscar.

Attachez vos ceintures et préparez vous une boisson à siroter tranquillement, parce que j’ai beaucoup de choses à vous raconter ! 

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1 – A L’ORIGINE : MON POINT DE VUE  

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On peut le dire, les animaux sont pour nous de véritables biens de consommation. On les mange, on s’habille de leur fourrure, on teste nos produits cosmétiques sur chiens, chats et rongeurs … Esprit de surconsommation oblige, certaines races de chiens ou de chats se retrouvent « très à la mode » : les bouledogues français, les bergers australiens, ou les Maine Coon du côté de nos amis félins. Pire encore, des poissons vivant dans de vastes espaces se retrouvent pris au piège dans des bocaux pour faire joli au milieu de la déco.

L’effet de mode aidant, et comme tout nouveau sac à main ou manteau sorti sur le marché, TOUT LE MONDE veut se procurer telle ou telle race de chien ou de chat. Comme un accessoire. Affectueux, certes … Mais esthétique, tout de même.

Attention, je ne cherche pas à jeter la pierre à qui que ce soit ici. Nous vivons dans un univers tel que ce type de comportement devient automatique et presque naturel. 

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Mais, pour être tout à fait franche, je n’ai jamais été à l’aise avec ça.

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Tout d’abord, parce que j’ai du mal à considérer les animaux comme des biens. Beaucoup beaucoup de mal. J’en parlais déjà par ici, je suis incapable de les manger, ou d’acheter des produits cosmétiques qui ont nécessairement induit de la souffrance chez eux. Alors les acheter eux-mêmes, les marchander à un certain prix … Ce n’est tout simplement pas naturel chez moi. Et ça me met très mal à l’aise

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Et puis, il y a une autre raison, et pas des moindres. La France bat aujourd’hui le record européen des abandons d’animaux : on parle de 100 000 animaux abandonnés chaque année. Les fourrières sont pleines à craquer, la SPA recherche activement de plus en plus de bénévoles chaque jour et les associations ou fondations de plus petite envergure recueillant les animaux errants pullulent. 

En France, aujourd’hui, plus de 100 000 animaux sont livrés à eux-mêmes dans des conditions plus qu’infâmes. Inhumaines. Plus de 100 000 animaux attendent leur seconde chance. Et une grande partie d’entre eux sera euthanasiée, faute de place dans les établissements, et faute d’avoir su trouver une famille d’accueil.

L’adoption n’est pas un réflexe chez nous. Parce que nous voulons « tel type de chien, précisément ». Parce que nous voulons un chiot ou un chaton. Parce que l’on considère que l’abandon n’est pas notre problème … 

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En bref, penser à l’achat d’un animal quand tant d’entre eux attendent d’être sauvés, c’est au dessus de mes forces.

Vous l’aurez donc compris, Oscar n’a donc pas été acheté, et encore moins dans un élevage qui proposerait « sa race ».

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2 – A LA RENCONTRE D’OSCAR 

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Il faut que je vous le précise : je rêve de vivre entourée d’animaux. Si je devais m’écouter, mon lieu de vie serait une immense ménagerie peuplée de chiens, de chats, de quelques rongeurs et même de poules … 

Mais, il y a encore deux ans de ça, je me sentais incapable d’assumer un animal. Ce n’était pas le problème de lui donner de l’amour, non au contraire. J’avais une peur panique d’être irresponsable, de ne pas m’en occuper correctement ou de ne pas lui offrir un lieu de vie décent.

D’ailleurs, je vis en appartement : la condition sine qua none pour adopter un chat était qu’il ne soit JAMAIS allé dehors de sa vie pour ne pas le traumatiser en lui offrant l’expérience de quatre murs après celle de la liberté.

Autant vous le dire : c’était mission impossible. Et j’ai fini par ne plus y penser pour le moment et à renoncer à l’adoption.

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Et puis, un jour de mars 2018, complètement par hasard, je me suis retrouvée sur une annonce publiée par le CRAD, une association rennaise qui recueille les chats errants. L’annonce montrait en photo un chat aux yeux rougis et dont la tête comportait beaucoup de « croûtes ». 

Là commençait l’histoire d’Oscar … Un petit (j’insiste sur le « petit », parce que c’est un chat complètement nain) chat de 9 mois qui errait dans un square de Rennes en miaulant continuellement à la recherche d’un contact et de nourriture … Pour ce qui est des croûtes et de ses yeux … Un méchant virus peut-être, ou des bagarres avec des matous du quartier. 

Il est très vite apparu que ce tout petit être avait été battu et abandonné. Battu parce qu’il avait une peur panique des mains. Il était tout à fait possible de l’approcher … Mais il est resté plus d’un mois sans se laisser toucher. Abandonné car il avait nécessairement été éduqué dans une maison : encore aujourd’hui, il n’est pas très serein à l’idée de devoir aller dehors lorsque s’ouvre la porte d’entrée. Bien loin du chat de gouttière, à l’aise dans son environnement extérieur.

Vous vous en doutez, faire en sorte qu’il se sente bien relevait d’un immense challenge, que j’ai choisi d’accepter.

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3 – TISSER DES LIENS APRÈS L’ADOPTION : MISSION IMPOSSIBLE ? 

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Construire une relation avec Oscar a demandé tellement de temps, de patience, de confiance … (et aussi beaucoup de croquettes). Mais il m’a très vite surpris, par sa capacité à trouver ses marques sur un territoire qui n’était pas le sien, et surtout par l’absence totale de rancoeur dont il a fait preuve à l’égard de nous, les humains.

Je prends ça comme une leçon de vie sur le pardon. Nous mettons tellement de temps et d’énergie à pardonner, sans parfois jamais y arriver. Et après son histoire, j’ai bien cru qu’Oscar n’y arriverait jamais lui non plus. Son air apeuré lorsque je tentais de jouer avec lui ou de communiquer avec lui était une torture pour moi, tant sa peur et sa souffrance pouvaient se ressentir.

Les premiers jours, j’ai même du le forcer à sortir de sa cachette pour l’approcher de sa gamelle. Il tremblait de peur dans mes bras, sans que je n’arrive à le rassurer. 

Nous avons du vivre un certain temps selon cet « accord » : je m’engageais à lui laisser du temps et de l’espace quand lui s’efforçait tant bien que mal de me donner sa confiance.

Et puis, un jour, alors que je lisais sur mon lit, il m’a rejoint. Et l’air de rien, il s’est allongé contre moi et a posé une patte sur ma cuisse. J’étais partagée entre l’envie d’éclater de rire et de sauter de joie, mais je n’ai évidemment rien fait qui puisse lui faire peur. C’était notre première petite victoire sur la vie à tous les deux, et je voulais simplement savourer ce moment …

Si j’avais su à ce moment là qu’Oscar deviendrait la plus grosse GLUE qui soit !!!! Il m’est impossible de faire un pas sans qu’il ne soit dans mes jambes (ce qui cause parfois des accidents domestiques à base de « p***** j’ai marché sur le chat !! », mais passons). Impossible de m’adonner à une activité chez moi sans qu’il ne soit là, bien en vue au cas où je l’oublierai.

Je veux faire une sieste dans le canapé ? Il s’allonge sur mes genoux. Je dois repasser ? Il s’étale sur une des extrémités de la table à repasser. C’est l’heure de faire un peu de yoga ? Il prend place sur une extrémité du tapis pour faire la sieste pendant que j’exécute ma série de postures.

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Oscar a accordé le pardon aux humains sans aucune concession, ni condition. Les peurs qui dirigeaient ses comportements sont désormais derrière lui et ne sont plus une entrave pour qu’il vive sa meilleure vie. 

Parfois, j’aimerais moi aussi être un peu Oscar et savoir me délester du poids du passé pour avancer plus légèrement et plus en confiance. Et, croyez-le ou non, je m’inspire énormément de lui sur ce point … 

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Je ne vais pas vous étonner si je vous dit que l’adoption a été une des meilleures décisions de ma vie. Je ne pourrais évidemment que la conseiller à TOUT LE MONDE.

Je suis également certaine que des milliers d’animaux formidables comme Oscar peuvent prétendre à une seconde chance dans des foyers remplis d’amour, loin des cages et des box sombres auxquels ils ont le droit au moment où j’écris. 

Il n’y a pas de chien « trop vieux pour être éduqué ». Il n’y a pas de chat pas assez chaton pour être adopté. Et il n’existe aucun animal sans des tonnes et des tonnes amour à revendre … 

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Alors, plutôt sauver une vie ou en acheter une ?

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Prenez soin de vous,

Marie



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